04 décembre, 2016

Classe-relais: une semaine décisive !

Cette semaine est une semaine décisive pour la classe-relais: je vais rencontrer très rapidement les nouveaux élèves de ce dispositif ce lundi matin. Je suis certaine que "nul n'est tenu à l'impossible". Pour moi, l'enseignement, c'est à la fois de la fermeté  de la bienveillance et de la communication. Il reste à trouver un sens pour ces jeunes.
 Sinon, je réfléchis au projet d'une "philomobile"; L Boucher dans le Jura exerce dans un lycée 9 h par semaine et le reste du temps avec sa grande voiture (une sorte de 307) organise des débats en philosophie. J'y songe sérieusement pour l'année prochaine (reste à faire des économies et à voir comment s'organiser).
 
 
Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale » Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale »
Dans le livre devenu une référence pour la question de l’éthique animale, La libération animale, le philosophe australien Peter Singer affirme qu’il n’existe aucune justification morale pour refuser de tenir compte de la souffrance animale.
Autrement dit, l’animal, en vertu de sa sensibilité, mérite notre considération morale. En conséquence, le fait qu’un animal puisse éprouver de la douleur ou du plaisir témoigne de sa capacité à avoir des intérêts… contrairement à une pierre.
Pour le sens commun, il est évident que l’animal possède une sensibilité, des émotions et une certaine intelligence. Pourtant jusqu’en janvier 2015 en France, le statut de l’animal apparaît dans son ambiguïté puisqu’il est « bien meuble » dans le Code civil et « être sensible » dans le Code pénal. Il est évident qu’il existe des raisons à ce manque de considération de l’animal dans la tradition philosophique.
Il serait intéressant de se demander comment la question de la souffrance et de la sensibilité animale a pris de l’importance dans nos sociétés démocratiques : il suffit de constater comment un reportage sur les conditions de vie des animaux d’abattoir suscite le dégoût et la colère. En tant qu’être humain, nous refusons de voir souffrir des êtres sensibles parce que nous avons la possibilité de nous identifier à cette douleur.
Face à la souffrance animale, sommes-nous prêts pour autant à accorder aux êtres sensibles une considération morale voire, pour reprendre l’expression de Peter Singer, « une égalité de considération » ?
Les philosophes de la tradition utilitariste sont d’accord pour dire que les humains et les animaux sont égaux face à la souffrance ; mais du point de vue de la vie, Singer reconnaît que celle des humains a plus de valeur que celle des animaux.
Or, c’est en vertu d’une préférence spéciste, discrimination selon l’espèce, que la supériorité de l’humain est défendue. Mais dans quelle mesure, nos sociétés sont-elles disposées à accorder des droits aux animaux ?
La question est de savoir, si c’est au nom de la souffrance et de la sensibilité, que l’animal a le droit à notre considération. Ne faut-il donc pas évoquer « la valeur inhérente de l’animal » comme condition du respect de sa dignité ?"

01 décembre, 2016

Confiance et prix de l'effort

Dans un article, Benjamin Syvland décrit avec beaucoup de pertinence la logique de la confiance et ce qu'elle implique le prix de l'effort: renoncer à faire confiance, c'est tout simplement, refuser toute forme de coopération. J'avais lors de mon doctorat beaucoup appris des analyses de Kahneman et Tversky dans le domaine de la psychologie des risques et des biais cognitifs:
 
 

"La confiance est une condition de la croissance. 

La confiance permet la coopération qui est nécessaire à la création d’un équilibre (non nécessairement égalitaire) dans le jeu des relations. Si la confiance n’est pas établie, alors l’un des participants refusera de jouer le jeu de la relation de manière authentique (fair play)
  • soit en n’entrant pas dans la relation (en refusant le jeu) 
  • soit en la biaisant (en refusant les règles du jeu).
La croissance est ici entendue comme une création de valeur, quelle qu’elle soit (économique, artistique, thérapeutique ou pédagogique par exemple).

La confiance n’est pas rationnelle, elle est dirigée par les émotions.

La confiance est mue par les émotion, ce qui explique pourquoi on peut facilement tomber dans le panneau. Pascal dans le Fragment Vanité n° 31/38, souligne combien l’apparence de l’orateur détermine l’attention et la crédence qu’on lui porte. Ce biais cognitif subjectif est confirmé par les études sur le choix rationnel de Tversky et Kahneman. Nos décisions ne sont pas rationnelles, mais basées sur nos croyances, sur nos convictions qui les biaisent, ce qui se manifeste par les discriminations telles que le sexisme ou le racisme par exemple, et détermine la confiance et la crédence que nous accordons à l’autre.
Le problème est que les émotions crééent des habitudes, des comportements fortement et profondément ancrés, difficiles à déraciner. Ces préjugés sont très efficaces puisqu’ils permettent une réponse d’action immédiate — une ré-action — avant même de devoir juger — pré-jugé — en se basant sur un stock de jugement pré-établis, des raisonnements tout faits qui soulagent l’effort cognitif en réaction à un stimulus perceptif— é-motion. D’habitude cela se passe ainsi alors au lieu de falsifier l’hypothèse, je tire directement la conclusion habituelle au risque d’en payer les frais si elle ne s’applique pas dans le cas présent. C’est l’histoire du cygne noir de Taleb.
Lorsque l’habitude n’est plus appropriée, parce que les conditions de situations ont changées, si cette habitude perdure, elle entraîne un résultat qui n’est plus le plus pertinent, n’est plus le plus efficace, n’est plus le plus efficient, et devient contre-productif. Le schéma comportemental et le cadre de référence ne correspondent plus à la situation, plus le décalage est grand avec la réalité, plus le risque est de renforcer la méfiance, jusqu’à la crise. La coopération devient de plus en plus difficile jusqu’à devenir impossible. Les positions se figent, mais la réalité continue son cours, et finalement les gains s’étiolent de plus en plus, pour péricliter. Des civilisations ont disparu ainsi.
Il faut parfois passer de l’émotion à la raison. Du système 1 au système, 2 dirait Kahneman. Ne serait-ce que pour identifier ce pouvoir personnel de la force de l’apparence et du biais cognitif dans l’interaction.

Le risque est double : se faire berner ou croire que l’on berne l’autre.

Une fois le biais subjectif identifié, on peut se rendre compte ou avoir l’impression d’être tombé dans le panneau, de s’être fait berné, roulé dans la farine ou manipulé. Nous avons baissé la garde de l’attention et sommes tombés sur plus malin que soi, soit.
Mais le risque de se croire plus malin que l’autre est plus dangereux encore. Le risque de la sur-confiance, être trop sûr de soi, créé un biais de minimisation des risques par fait prendre des risques inconsidérés.
Nous ne pouvons jamais savoir avec certitude si nous sommes meilleurs ou moins bons que la moyenne sur une compétence particulière. Nous pouvons avoir des indications de nos capacités par l’expérience, mais pas de preuves. L’induction ou l’abduction ne sont pas des formes de raisonnement monotones, elles ne permettent pas d’aboutir à des certitudes, mais tout juste des probabilités. Généraliser sur la base de nos simples expériences est très risqué, la dinde de Russell en a payé de sa tête.
L’expérience nous forge et renforce notre image cognitive de nous-mêmes. Le problème est que nous révisons plutôt bien nos croyances tant que nous ne nous évaluons pas nous-mêmes. Dès que nous nous auto-évaluons pour nous améliorer nous avons une tendance cognitive à sur-évaluer les expériences positives, parce que nos expériences positives ont un poids cognitif supérieur aux expériences négatives (cf. le coût de l’effort). Ce biais nous permet de nous relever de nos échecs et d’aller de l’avant, à être optimiste.

La sur-confiance en soi est subjective. 

La sur-confiance s’évapore dès qu’on doit prendre une décision comparée à celles des autres. Par exemple le choix du plat au restaurant : en lisant le menu, vous avez choisi quelque chose et en écoutant les autres énoncer leur commande au serveur, soudainement vous changez radicalement de décision. Vous considérez maintenant votre choix non plus pour vous-mêmes, mais par rapport aux autres, dans une dimension sociale et collective. Vous rentrez dans le troupeau, vous devenez conformistes… même si c’est pour prendre une décision en décalage avec les autres.
Ce biais est observable dans le recrutement ou la constitution d’équipe (vous avez votre choix, mais vous exprimez une autre opinion en fonction de celle des autres). Bien souvent la décision qui en résulte ne satisfait personne, si elle n'est pas basée sur un objectif commun partagé. C’est le pouvoir des foules : emporter l’individu dans des comportements qu’il ne ferait pas de lui-même (supporters sportifs, politiques) avec tous les débordements que cela peut entraîner.
La perte des certitudes individuelles dans le contexte collectif pourrait être pensée comme négative. Après tout vous aviez fait votre choix et voici qu’il est remis en cause parce que vous tenez compte du choix des autres. Vous cherchez maintenant le compromis et c’est un résultat mitigé que vous obtenez.
Pourquoi ne pas rester sur votre choix initial ? Vous pouvez le faire si celui-ci reste privé. Mais à partir du moment où autrui entre en jeu, vous entrez en relation avec lui. Soit en refusant cette relation, en l’ignorant, en ne voulant pas interagir avec lui. Mais cette non-interaction en est déjà une. Soit vous reconnaissez l’autre et alors commencer à jouer au jeu des relations. Bref, quoiqu’il arrive vous ne pouvez pas ne pas tenir compte de l’autre comme dirait Levinas. Donc autant faire avec.
En restant sur votre position — positionnisme — vous avez intérêt à être plus fort que l’autre et à le faire céder — concessionisme. Si vous voulez reconnaître l’autre, mieux vaut jouer la coopération ou la coopétition.
La qualité de la relation à l’autre détermine sa performance dans le jeu de la relation. Favoriser la coopération, implique de minimiser le biais de la sur-confiance de l’enjeu individuel pour créer un climat de relation productive et constructive autour d’un objectif commun partagé.

Motiver la coopération en favorisant le gain collectif.

Motiver individuellement est moins efficace qu’une récompense collective : favoriser l’entraide favorise la collaboration, là où l’individualisme la freine. D’où la contre-productivité des primes individuelles.
Parce que la valeur de la récompense est subjective, émotionnelle, et non rationnelle, si vous donnez une prime sur la motivation, sur l’engagement sans pouvoir la quantifier sur des résultats individuels factuels, alors vous engagez une compétition entre les participants sur la manière dont eux-mêmes considèrent que les autres s’impliquent et produisent, et à ce petit jeu il est préférable de se dire qu’il vaut mieux manœuvrer individuellement pour l’image de soi que pour le résultat lui-même :
  1. ce qui entraîne de déporter le point de focal sur le prétendre plutôt que sur le faire (coopération simulée); 
  2. encourager à savonner la planche de l’autre pour qu’il n’ait pas sa prime plutôt que d’essayer de se surpasser avec le risque que l’autre fasse mieux quand même (donc de se confronter à ses propres limites) (compétition hostile).
Quoi qu’il en soit, vous venez de briser votre équipe et de faire porter le point d’attention sur la différence entre le salaire et la valeur de soi (vous venez de leur démontrer que vous les payez mal) plutôt que sur la performance du résultat. Vous mettez l'accent sur l'enjeu individuel au lieu de le mettre sur l'objectif commun partagé. Sachant que vous ne connaissez jamais l'enjeu de l'autre. Le risque est considérable. La productivité et la qualité de production devraient s’en ressentir fortement et rapidement, mais pas dans le sens où vous l'espériez.
Valorisez le résultat collectif comme valeur additionnée liée au contrat social, donc une valeur qu’aucun individu seul ne pourra jamais produire, ainsi vous renforcez le groupe et monterez le point d’équilibre médian (tout le monde gagne). La récompense sociale, se sentir valorisé dans et par le groupe, est plus important que toute autre récompense. La plus grande des valorisations est le sentiment authentique de responsabilité individuelle dans le résultat collectif. Le fait que j’ai authentiquement participé au résultat collectif prouve que je suis indispensable au groupe, donc que j’ai une responsabilité et un pouvoir sur le résultat. Cette valeur égoïste, personnelle, d’estime de soi est plus importante que la récompense externe. Cela ne signifie pas qu’elle est suffisante (il ne suffit pas de dire merci au collaborateur pour le valoriser), mais elle est nécessaire au sens ou une récompense purement matérielle sans la reconnaissance existentielle de la valeur intrinsèque ne sera même pas nécessaire. L’équilibre entre la valeur ressentie (l’auto-évaluation) et la valeur reçue garantit une condition de motivation et de performance. Que la balance penche d’un côté ou de l’autre et l’une des parties se sent bernée… ou croit avoir berné l’autre. L’équilibre est rompu. La confiance est partie. La coopération n’est plus possible.
Un collaborateur est moins concerné par le fait de perdre son bonus parce qu’il est fainéant que par la responsabilité que sa fainéantise pourrait entraîner la perte du bonus des membres de son équipe. L’équipe est ici importante, non pas parce qu’il faut que les collaborateurs se connaissent personnellement, mais parce qu’il faut ce sentiment d’appartenir à une culture commune. L’espace de responsabilité est commun avec un objectif commun partagé.
Si je pense et je sais que j’ai contribué à un résultat collectif que je n’aurais pu atteindre seul, mais surtout que les autres n’auraient pu atteindre sans moi, alors je prends conscience de ma vraie valeur dans l’entreprise. Je me réalise dans mon action et me valorise dans ma création de valeur.

La morale de l’histoire.

Ce qui rend les choses particulièrement compliquées est qu’elles ne sont jamais simples. S’il paraît plus facile de considérer qu’elles le sont, c’est hélas simpliste.
Nous sommes bourrés de contradictions, de tendances contraires et c’est ce qui fait notre richesse. Nous pouvons éprouver de la peur et de la joie en même temps. de l’attraction et du dégoût, du respect et de la crainte, etc. Nous sommes un équilibre précaire toujours à trouver. C’est un effort constant et permanent. Rien n’est définitivement acquis.
Cette confusion crée la richesse et la possibilité de création de valeurs. Prendre en considération la dimension subjective, émotionnelle et irrationnelle du choix rationnel et du comportement permet d’être plus efficace, plus pertinent plus en adéquation avec la réalité. Cela demande un effort, cela demande de faire confiance et de se faire confiance.
Pourquoi ne pas essayer ?"


26 novembre, 2016

L'instinct animal

Je ne sais pas comment font les animaux mais ils ont un instinct de protection. Ainsi, vendredi après-midi, alors que je travaillais à la Seyne-sur-mer, ma jeune labrador Litchi a alerté mes voisins, sentant que mon père en visite chez moi, allait faire un AVC: elle avait sans doute observé des gestes incohérents et attitudes désordonnées; résultat, mon père fut admis aux urgences le vendredi mais sauvé ! Litchi aura droit au sommet du Faron...et ses pics de 14kms/heure !
 
 
 
Litchi "bébé" avec son frère et sa mère (un "ratier")


22 novembre, 2016

Séance dégustation au resto végétalien de la Seyne !

Aujourd'hui, nous nous sommes rendus au resto végétalien de la Seyne de mes amies: séance dégustation avec les élèves de la classe-relais ! Certes, les jeunes gens fréquentent le Mac do, mais nous avons essayé de leur montrer autre chose. Et vraiment - c'est un progrès - les élèves sont quand même restés assis à écouter et à poser des questions. Il reste qu'il est toujours difficile de savoir si cela peut les faire grandir. Mais je crois beaucoup à l'exemplarité: à force de montrer de la constance, nous parviendrons à éveiller les consciences (un peu).
 Nous sommes souvent confrontés à l'incertitude quant à nos efforts, mais je reprends l'idée de Pascal quant à cette évidence. Elle n'empêche pas d'agir comme un coureur qui gravit un sommet; et pour l'énergie, je vais continuer à courir jusqu'au sommet du Faron le mieux possible (et à prendre de la spiruline !).
 
« S’il ne fallait rien faire que pour le certain, on ne devrait rien faire pour la religion, car elle n’est pas certaine. Mais combien de choses fait-on pour l’incertain, les voyages sur mer, les batailles. Je dis donc qu’il ne faudrait rien faire du tout, car rien n’est certain. »  Pascal


21 novembre, 2016

Le démon de Laplace

« Nous devons donc envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’Analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle et l’avenir, comme le passé serait présent à ses yeux. » LAPLACE
 Un système régi par des lois déterministes et un démon pour prédire l'état d'un système à condition d'en connaître les lois: le déterminisme universel et la liberté humaine. Cette année, il serait intéressant d'introduire l'idée de probabilité et d'incertitude en cours sur la liberté et le déterminisme. Puis-je être à la même place que le 30 novembre 2014? Et la mécanique quantique?
 

Pour la cause animale à Sanary


 Très belle journée à Sanary ce samedi: de belles discussions et des jeunes gens qui sont venus nous rejoindre (des lycéennes très motivées). La cause animale progresse et c'est tant mieux.
 Demain, je termine mon cours sur les vitamines/minéraux en classe-relais et visite d'un restaurant végétalien et dégustation de mets; notamment découverte des "energy ball" (pâte d'amande).

18 novembre, 2016

Journée de sensibilisation à la cause animale et café philo

Demain de 10h30 à 17h à Sanary, quatre associations seront présentes pour une sensibilisation à la cause animale.
Le 9 décembre, je vais évoquer à l'auberge de la Pauline la question de la souffrance animale: tout être sensible a droit à notre considération morale:
 
 


16 novembre, 2016

Des signaux dans la nuit !

Admirable, d'une grande subtilité ce commentaire des Pensées de Pascal par Gérard Lebrun: Evidemment, c'est Pascal qui s'effraie du "silence éternel de ces espaces infinis". Il n'y a pas à convaincre l'incrédule, mais une conversion à opérer:
"Comme elle est courte, à l'échelle mondaine, la distance qui sépare l'incertitude de l'incertitude vaincue. Il n'y a pas de murailles à abattre, ni de trompettes de Jéricho à faire sonner. La conversion fera passer l'incrédule d'un monde à l'autre, des ténèbres à un midi radieux... Qu'il n'espère pas être inondé d'une lumière neuve; il ne fera que scruter plus assurément les signaux du divin, mais sans que la pénombre en soit dissipée.
Un pas à faire, rien de plus."  "Des signaux dans la nuit"  dans  Pascal, tours, détours et retournements.
 Une page admirable !

15 novembre, 2016

Aimer est injuste!

En ce sens, pour reprendre le propos de Pascal, aimer est injuste: nous n'aimons que des qualités passagères. Le seul qui soit digne de notre amour serait Dieu !!
 Il vaut mieux se retirer du jeu quand notre dignité est en cause. La foi est en effet un acte de confiance.
 

 


Le jardin des oliviers

Blaise Pascal fut fasciné par "le mystère de Jésus": il s'agit d'un moment de faiblesse traversé par le Christ au  jardin des oliviers. Il se sent abandonné de tous.
Il faudra dire quelque chose de la conversion de Pascal lors de la nuit du 23 novembre 1654 et de comprendre cette formule:
"Il est injuste qu'on s'attache à moi...Je suis coupable de me faire aimer."
 
 
 


13 novembre, 2016

Blaise Pascal un brillant polémiste

Il serait absurde selon Gérard Lebrun, un ancien professeur à Aix-en-Provence, de réduire pascal à la ferveur de sa foi; car "c'est son armature conceptuelle qui explique pourquoi il a vécu le christianisme d'une manière si singulière."
 Ne l'oublions pas, Pascal est un génie ! A 16 ans il écrit un Traité des coniques; à 19 ans, il invente une machine à calculer; et surtout ses traités expérimentaux sont remarquables, notamment le Traité sur l'équilibre des liqueurs. Mon ancien professeur, Gérard Lebrun, me disait que Pascal était un "boxeur". Il m'avait proposé de faire un travail (Master) sur Pascal et Hume; et à 22 ans, j'avais préféré travailler uniquement sur Hume.
 Pascal, dans son art des détours (je vais écrire la recension de cet ouvrage la semaine prochaine), fustige Descartes et son idée de savoir universel:
"Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini, mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre aux abîmes."
 Il est assez remarquable de voir comment Pascal, à 24 ans, réfute les sophismes de Noël, jésuite et ancien professeur de Descartes: cet homme ne comprend en rien la valeur de la démarche expérimentale et remet en cause la célèbre expérience sur le vide (Puy-de-Dôme). Pascal en une formule, détruit les élucubrations de son adversaire:
- a) l'hypothèse étant niée, il s'ensuit une absurdité; la proposition est donc vraie
- b) l'hypothèse étant posée, il s'ensuit une absurdité; la proposition est donc fausse
- c) ni la négation, ni l'affirmation de l'hypothèse n'entraînent d'absurdité; la proposition est donc douteuse
 
 Pendant les vacances de Noêl, je vais  à Clermont-Ferrand: l'appartement de ma sœur se trouve en face du jardin Lecoq, là où Pascal avait l'habitude de se promener avec son beau-frère Perier. Je reste dans le Sud - mon beau-frère me disait qu'il manquait de lumière dans la région du Puy-de-Dôme et j'ai besoin de mon "soleil" !
 


11 novembre, 2016

Hommage: disparition de Léonard Cohen

Adieu l'artiste et cette inoubliable chanson : "Suzanne" ! Juste un accord mais un morceau qui prend aux tripes !
 
 
 
Suzanne takes you down to her place near the river
Suzanne t'emmène chez elle près de la rivière
You can hear the boats go by
Tu peux entendre les bateaux voguer(1)
You can spend the night beside her
Tu peux passer la nuit auprès d'elle
And you know that she's half crazy
Et tu sais qu'elle est à moitié folle
But that's why you want to be there
Mais c'est pour ça que tu veux rester
And she feeds you tea and oranges
Et elle te nourrit de thé et d'oranges
That come all the way from China
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
And just when you mean to tell her
Et juste au moment où tu veux lui dire
That you have no love to give her
Que tu n'as aucun amour à lui donner
Then she gets you on her wavelength
Elle t'entraîne dans ses ondes
And she lets the river answer
Et laisse la rivière répondre
That you've always been her lover
Que tu es son amant depuis toujours
And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that she will trust you
Et tu sais qu'elle aura confiance en toi
For you've touched her perfect body with your mind.
Car tu as touché son corps parfait avec ton esprit.
And Jesus was a sailor
Et Jésus était un marin
When he walked upon the water
Quand il marchait sur l'eau
And he spent a long time watching
Et il passa très longtemps à observer
From his lonely wooden tower
Du haut de sa tour solitaire en bois
And when he knew for certain
Et quand il eût la certitude
Only drowning men could see him
Que seuls les hommes sur le point de se noyer pouvaient le voir
He said All men will be sailors then
Il dit tous les hommes seront des marins alors
Until the sea shall free them
Jusqu'au moment où la mer les libérera
But he himself was broken
Mais lui-même fut brisé
Long before the sky would open
Bien avant que le ciel ne s'ouvre
Forsaken, almost human
Abandonné, presque humain
He sank beneath your wisdom like a stone
Il sombra sous ta sagesse comme une pierre
And you want to travel with him
Et tu veux voyager avec lui
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you think maybe you'll trust him
Et tu penses que peut-être tu lui feras confiance
For he's touched your perfect body with his mind.
Car il a touché ton corps parfait avec son esprit.
Now Suzanne takes your hand
Maintenant Suzanne prend ta main
And she leads you to the river
Et te conduit à la rivière
She is wearing rags and feathers
Elle est vêtue de haillons et de plumes
From Salvation Army counters
Venant des guichets de l'Armée du Salut
And the sun pours down like honey
Et le soleil coule comme du miel
On our lady of the harbour
Sur notre dame du port
And she shows you where to look
Et elle t'indique où regarder
Among the garbage and the flowers
Au milieu des déchets et des fleurs
There are heroes in the seaweed
Il y a des héros dans les algues
There are children in the morning
Il y a des enfants dans le matin
They are leaning out for love
Ils s'inclinent par amour
And they will lean that way forever
Et ils s'inclineront ainsi pour l'éternité
While Suzanne holds the mirror
Pendant que Suzanne tient le miroir
And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that you can trust her
Et tu sais que tu peux lui faire confiance
For she's touched your perfect body with her mind.
Car elle a touché ton corps parfait avec son esprit.



10 novembre, 2016

Libre-arbitre et déterminisme

Il est toujours très difficile de faire comprendre aux élèves l'enjeu du déterminisme et du libre-arbitre. Pour autant, le texte de Nietzsche a été bien compris. Mais lorsqu'on aborde la question du déterminisme chez Bourdieu, un vent de protestation s'élève. Il est évident que nous pourrons faire un usage de notre libre-arbitre qu'en se libérant des déterminismes (Spinoza). Une personne qui nous demanderait d'être une mère pour elle s'exposerait à notre refus - refus de nous montrer tyrannique. En cela, j'affirme que nous ne pouvons apprécier ou estimer que ceux qui sont libres !

09 novembre, 2016

Le choix de la dignité

Enfin, j'ai réussi au bout d'un mois à trouver un juste équilibre en classe-relais: c'était dur, vraiment, mais maintenant grâce à la cohésion de notre équipe, nous allons pouvoir remotiver des élèves en situation de difficulté.
 Je sais à quel point il est difficile d'être parent et j'ai compris qu'il  est nécessaire de rester proche de ses enfants.
 J'hésite encore pour le choix de la région; je sais qu'il y a une douce lumière en Provence... J'aimerais quand même rester dans le Var... Je veux juste m'éloigner de mon lycée, loin de la méchanceté, et je veux un métier qui soit créatif et difficile (en classe-relais, c'est un véritable défi).
Mais je serai ferme dans ma décision. On pourrait ainsi montrer de la fermeté à l'égard de ce que l'on aime: je sais pourquoi nous nous apprécions réciproquement (caractère vivant des propos, esprits hors norme). Il est souvent ma lumière dans les moments difficiles même si ce n'est pas un saint; mais il est d'une grande droiture. Ce que nous aimons chez l'autre, c'est sa liberté. Et, pour ma part, j'ai toujours été libre d'être fidèle à celui que j'aime, à mes idéaux. C'est une question de dignité.


07 novembre, 2016

Le libre-arbitre

Plutôt stimulant de commencer un cours sur le libre-arbitre par une expérience de pensée, transmise par un collègue de philo sur une liste de travail:
 
" Imaginez que les Martiens, au cours d'un voyage sur terre, aient enlevé un être humain, monsieur Smith, et lui aient implanté dans le cerveau un mécanisme qui permet de contrôler à distance chacune de ses actions...Quelques mois plus tard, les Martiens décident de contrôler Smith pour lui faire tuer le président des Etats-unis. C'est ce qu'ils font, et Smith tue le président des Etats-unis, puis il est arrêté et mis en prison."
 Les élèves ont immédiatement compris qu'il était question de contrôle et de responsabilité.
 Plus précisément, qu'est-ce qui nous prive de notre libre-arbitre? Certes, on peut évoquer la question du déterminisme;  mais le fait de regretter ce que l'on a fait prouve aussi
 
 que l'on n'a pas fait usage de son libre-arbitre.  Au fond, un homme pourrait s'imaginer être libre en cédant à ses pulsions ou ses désirs. Ce serait une forme de liberté spontanée mais surtout une forme de faiblesse de la volonté. Reste à savoir si elle est condamnable.


06 novembre, 2016

Echolocolisation chez les chauves-souris

Actuellement, je prépare un stage (le 26 et 30 janvier 2017) en philosophie avec ma collègue de SVT : nous allons travailler ensemble ce mercredi après-midi au lycée. Toute la question est de savoir si l'on peut attribuer une pensée consciente aux animaux non-humains et à quels degrés. Le travail de Griffin sur l'écholocalisation des chauves - souris est fascinant: il ne s'agit pas seulement d'un système de prévention des collisions mais bien de trouver et de poursuivre des proies. A cet égard,  il semble nécessaire de présupposer une forme de reconnaissance de soi pour son propre itinéraire de vol afin de percevoir l'écho des autres chauves-souris.
 En somme, comme en Provence, il doit exister une douce lumière qui nous guide.


http://www.batresearchnews.org/Miller/Griffin.html

 Batman, l'homme chauve-souris qui n'a pas peur: un vrai homme-animal !!!




05 novembre, 2016

Philomobile !

Excellente initiative de Laurence Bouchet, prof de philosophie dans la région de Pontarlier (contact FB): elle arpente les routes de France avec son camion dans une pure tradition philosophique: instaurer le dialogue ! Socrate, en Grèce, avait l'habitude de dialoguer avec des personnes sur l'amour, la justice, le beau !

  http://hebdo39.fr/article-l-invitee-de-la-semaine-laurence-bouchet,11564.htm